D’un auteur à l’autre – Séminaire XVI – Typologie 3

•31 juillet 2010 • Laisser un commentaire

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Réf. de l’illustration : le blog des Indégivrables de Xavier Gorce. A visiter pour sa fraîcheur…

Troisième causerie sur le thème : « Comment survivre à l’édition de son livre ? »

Je rappelle que ce séminaire s’intitule « D’un auteur à l’autre », en référence* au butinage auquel se livrent les visiteurs lorsqu’ils parcourent les stands des salons et autres festivals du livre. Qui sont-ils ? Que veulent-ils ? Comment survivre à de telles rencontres ? Existe-t-il un vaccin efficace ? Voilà toutes les questions qui figurent au programme.

Aujourd’hui, nous poursuivons notre typologie des visiteurs de salon avec plusieurs spécimens comme on les aime…

N° 74 (dit le distrait)

Il s’avance, rayonnant et se plante devant un auteur, main tendue. Il a lu tous ses livres et, c’est bien simple, il les a a-do-rés ! Surtout le 2ème, quel suspense ! Le premier était bien, aussi. Par contre, il n’a pas compris le coup de théâtre final, dans le 5ème. Il faudra qu’il le relise. Quand donc sort le prochain ?

Mentalement, l’auteur recompte les piles de bouquins alignées devant lui. Le 5ème ? Mmm. Vous êtes sûr que… L’autre se trouble, recule d’un pas pour déchiffrer la pancarte où figure le nom de l’auteur… Puis, sans se démonter, fait un pas vers la gauche, tourne le dos à l’auteur plus amusé qu’interloqué et tend la main à son voisin de stand :

– Bonjour, j’ai lu tous vos livres et c’est bien simple, je les ai a-do-rés !

Le N° 13 (dit le bien nommé)

En entrant dans le salon, il a heurté de plein fouet la table de presse et renversé un gobelet de café sur les brochures joliment alignées. En voulant réparer les dégâts, il a bousculé et à moitié éborgné une attachée de presse qui depuis, joue les évaporées dans les bras d’un jeune éditeur bien fait de sa personne. Du coup, voyant à qui il avait affaire, le libraire du stand le plus proche a fait sonner la retraite et remonter le pont levis. À son arrivée, N°13 n’a trouvé qu’un auteur blême planqué derrière des piles de bouquins en quinconce. Beau joueur, N° 13 a quand même acheté un ouvrage qu’il s’est fait dédicacer sur le champ puis s’est éloigné en direction du stand suivant, non sans se prendre les pieds dans les montants d’un poteau de signalétique. À ce stade, magiquement, tous les cafés et autres substances liquides ou collantes ont déjà disparu sous les tables. Car N° 13 est aussi poisseux que les gobelets qu’il renverse. À son approche, les piles de livres vacillent, les convictions littéraires de même. Pour qui sonne le glas ? s’interrogent les jeunes auteurs qui n’ont encore jamais croisé de visiteur N° 13 dans leur courte carrière de dédicaceurs.

Lorsqu’il quitte le salon, il règne un bref silence durant lequel chacun vérifie l’état des troupes et calcule le montant des dégâts. Alors, dans ce moment d’accalmie, on entend distinctement la chute d’un corps dans l’escalier qui mène à la sortie…

Les N° 49 et N° 50

(dits « Roméo et Juliette cherchent thérapeute de couple. Faire offre. »)

Ils arrivent en début d’après-midi, les doigts enlacés, le reste aussi d’ailleurs, à se demander comment ils parviennent à se déplacer. Le regard extatique, le corps repus de plaisir, ils viennent manifestement de sextirper d’un lit profond et portent les marques de leur amour en bandoulière. Comme ils ont lu St Exupéry sur une assiette décorée, ils avancent dans la vie en regardant, ensemble, dans la même direction. Pas de chance, ça tombe sur l’auteur. Deux mains harponnent au même instant le même livre. Rire des tourtereaux.

– C’est toujours comme ça, on fait toujours tout en même temps.

L’auteur, qui est déjà plusieurs fois revenu d’amour comme on rentre de vacances, ne s’aventure pas à leur dire que cela n’a qu’un temps. Il surveille les deux mains qui se disputent le bouquin, les deux visages qui se penchent ensemble sur la même quatrième de couverture.

– Oh, dit l’un, ça a l’air délicieusement atroce !

L’autre approuve.

– Délicieusement.

Œillade à l’auteur, soudain complice involontaire d’une confidence sur la nature du lien qui les tient au creux des draps jusqu’à des heures indécentes.

– On le prend, décrète Roméo. Vous le dédicacez à Juliette ?

– Ah, non, mon cœur, minaude la Juliette. C’est moi qui le paie et vous le dédicacez à Roméo, c’est lui qui le lira en premier.

– Pas question, c’est pour toi, ma douce ! C’est moi qui paie !

– Est-ce que tu sous-entends que je n’ai pas les moyens de me payer un livre à quatre sous ?

– Mais pas du tout !

– C’est très machiste, comme attitude ! Je suis déçue, tu sais !

– M’enfin ma chérie, tu ne vas pas encore faire une histoire pour un petit livre de rien du tout ! Si ça se trouve, il est nul, en plus !

– Comment ça, « encore » ? Tu insinues que je fais des histoires ? Monsieur, vous ne trouvez pas que mon ami à une attitude dénigrante à mon égard ?

L’auteur se tait prudemment. En fait, à cet instant, il écrit dans sa tête. Un double crime…

Juliette croise les bras. Puisque c’est comme ça, elle ne le lira pas, ce fichu bouquin. Et elle toise l’auteur comme s’il était responsable de cette dispute.

Roméo, excédé, tire la quatrième de couverture à lui.

– Finalement, dit-il d’une voix de mâle triomphant, vous allez le dédicacer à ma mère. Elle s’appelle Jacqueline.

Juliette, offensée, s’éloigne de trois pas. Au moment de régler, Roméo fouille ses poches et constate qu’il a oublié son portefeuille. Et se tourne, affolé, vers l’élue de son cœur…

– Juliette, ma chérie, tu n’aurais pas quinze euros ?

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Voilà, c’est terminé pour aujourd’hui. La prochaine fois, nous étudierons de nouveaux spécimens plus effrayants les uns que les autres. D’ici là, soyez prudents si vous en rencontrez et venez nous narrer vos aventures !

Françoise Guérin

D’un auteur à l’autre (Séminaire XVI) : Typologie 1

•19 juin 2010 • Laisser un commentaire

Il y a quelques jours, je signais mon nouveau recueil à l’occasion du salon du Polar de saint Chef (38). Et j’ai pu constater que ma série de billets sur les visiteurs de salon restait d’actualité…

Voici donc une nouvelle séance de notre séminaire intitulé : « Comment survivre à l’édition de son livre ».

Aujourd’hui, nous débutons notre typologie des visiteurs de salons avec la description du spécimen N° 217, du N° 34 (qu’il convient de ne pas confondre avec le N° 12 !) et du terrible N° 865.

Les salons littéraires sont des lieux formidables. On y rencontre des auteurs, des libraires, des journalistes, parfois quelques éditeurs. La rumeur veut qu’ils soient à l’affut de talents nouveaux : une bonne blague dont on n’a pas fini de rire.

Le grand malheur, diront les grincheux, c’est qu’on y trouve aussi des lecteurs… A force de fermer les lits, de réduire les budgets et d’allonger les listes d’attente, on finira par débarrasser l’hôpital des malades qui l’encombrent. « On serait bien mieux entre médecins et infirmières ! » ironise-t-on au sortir des réunions où se débat l’avenir sombre de la santé publique. Mais en matière de livre, il faut se rendre à l’évidence : le lecteur reste incontournable. Il est l’Autre de l’auteur. Ce qui complique l’affaire, c’est que l’auteur fait généralement partie des lecteurs. Il est le lecteur d’autres auteurs. Au pire, il ne lit que ses propres livres mais il lit. De méchantes langues prétendent même que certains feraient mieux de se relire, mais c’est un autre débat…

Une telle réciprocité a de lourdes conséquences : étant lui-même lecteur, l’auteur court un grand risque d’appartenir à l’une des catégories que je vais développer durant ce séminaire. Or s’il est désormais communément admis qu’un auteur doit se méfier du lecteur comme d’un ennemi féroce et potentiellement dangereux pour son ego, on pressent combien il va lui être difficile de s’éviter continuellement la rencontre avec lui-même.

Mais assez de digressions : entrons maintenant dans le vif du sujet.

N° 217 (dit l’auteur incompris)

Il vient en collègue, une pochette cartonnée sous le bras. Il soulève les livres qui se présentent à lui, en connaisseur, commente le papier (c’est du bouffant, ça rend bien), le brillant de la couverture (on fait de la bonne came, de nos jours !) et même la qualité de la colle (on peut le tordre dans tous les sens, ça résiste !)

L’auteur se contient. Quelques années passées à envoyer ses manuscrits à qui veut bien ne pas les lire lui ont permis de débuter une jolie collection de lettres types et d’acquérir un peu de patience. Il connaît tous les trucs et sait déjà que N° 217 transporte la même collection que lui, dans sa pochette gonflée. En effet, N° 217 finit par l’avouer, il est auteur, lui-même, d’une saga en douze volumes qui n’a pas eu l’heur de plaire à Monsieur Gallimard. Ni à Monsieur personne, d’ailleurs.

– C’est l’histoire d’un mutant qui doit combattre les forces du mal pour sauver le dernier royaume de l’anéantissement. Ça devrait plaire, pourtant ?

Du coup, persuadé que l’auteur dîne tous les soirs, et parfois le midi, à la table des plus grands éditeurs, N° 217 aimerait bien son avis éclairé sur, disons, les huit premiers tomes de son roman, pour commencer. Si vous voulez, j’ai le carton dans mon coffre et je suis garé dans la rue derrière…

N° 34 (dit Le collectionneur d’autographes)

Il n’achète pas de livre. Il n’en lit pas non plus. Son trip, vous l’avez compris, c’est autre chose. Certains allègueront qu’il y a quelque chose de pervers dans sa jouissance. Sans aller jusque-là, précisons que le N° 34 est un collectionneur. Des auteurs, il n’exige que la signature, accompagnée de quelques mots griffonnés sur le petit carnet qu’il transporte contre son cœur.

Dès l’ouverture du salon, il se glisse, paré d’un sourire savamment intimidé. Car le N° 34, sous ses dehors naïfs, est un fin stratège qui n’ignore rien des ressorts secrets qui font agir l’auteur, à son insu. Prendre l’air intimidé, c’est laisser croire à l’autre ce qu’il n’est pas. Quand le N° 34 s’approche, il a l’air enfantin d’un gone qui vient quémander une friandise. Du coup, par contraste, l’auteur se sent le narcisse en fleur, il signerait n’importe quoi. Tandis qu’il officie, avec tout le sérieux dont il est capable, N° 34 se tortille devant le stand et croit bon de préciser :

– C’est pour ma fille… Elle les collectionne, elle va être contente !

L’auteur, interdit, suspend un bref instant sa dédicace pour observer son interlocuteur. Quel père peut bien passer ses dimanches à récolter des autographes pour le compte de sa fille ? A moins que… L’imagination de l’auteur s’emballe, il pressent le pire : une jeune fille alanguie sur un lit d’hôpital, attendant le père miraculeux qui lui apporte, jour après jour, la récolte prodigieuse qui l’aide à survivre, quelque heures encore, dans son corps torturé… Derrière le personnage craintif, il devine le héros des temps modernes, le père prêt à tout pour satisfaire les dernières volontés de sa fille adolescente condamnée à plus ou moins brève échéance au trépas…Un peu honteux d’y voir déjà un futur best-seller propre à faire vendre du kleenex, l’auteur compatit. D’une voix que l’émotion rend chevrotante, il s’enquiert avec empathie et néanmoins peu de tact, de la demoiselle et de ce qui l’empêche de venir quérir elle-même l’objet de son désir. Sans se départir de son sourire, le N° 34 reprend son carnet, le contemple avec une joie de gosse et le glisse côté cœur, amoureusement, avant de répondre :

– Elle n’était pas libre, elle sort avec son petit copain ! Les jeunes, vous savez ce que c’est.

À cet instant précis, l’auteur lutte contre l’envie de rire, en songeant que la jeune fille susnommée a trouvé un bien joli prétexte pour se débarrasser de l’auteur de ses jours tellement empressé à satisfaire son désir… Sacré Sigmund !

N° 865 (dit Sauve qui peut !)

Le N° 865 a renoncé depuis longtemps à voir son psychothérapeute. À moins que ce ne soit le psy qui ait renoncé à le recevoir. Peut-être a-t-il renoncé aussi à son art et pris le large, sous un faux nom, dans une lointaine contrée où il n’y a ni téléphone, ni carte vitale ? Peut-être bénéficie-t-il d’un régime de protection comme un témoin à charge caché par le FBI ? Toujours est-il qu’il ne remplit plus sa fonction d’écoute et que N° 865 est à la dérive. Alors, il cherche une oreille compatissante. S’il en trouve une paire, c’est encore mieux. Car N° 865 est un homme torturé par sa pensée, un humain en proie à l’angoisse existentielle et que n’apaise que la parole. La sienne.

Heureusement, depuis quelques années, il a trouvé la parade. Les festivals du livre sont en pleine expansion. En s’organisant bien, on peut se rendre, chaque semaine, à un nouveau salon. On y trouve des auteurs-thérapeutes confortablement installés sur des chaises derrière des livres prétextes à engager la conversation. N° 865 n’hésite pas. Lorsqu’il arrive au salon, il est très abattu. Il a mal dormi, l’angoisse le fait transpirer, il a le souffle court, il vacille un peu sur ses jambes. Mais un auteur est là, le stylo désœuvré. N° 865 saisit un de ses livres, parcourt le résumé, blêmit.

– C’est déprimant, tous ces crimes…

– Mmm…

– À force d’écrire des choses comme ça, vous n’avez pas peur de donner des idées aux gens ?

– ?

– Déjà que la société est violente, avec toute cette délinquance, ces dégradations, la police qui ne va plus dans les quartiers, les jeunes…

À ce stade, l’auteur croit encore qu’il va pouvoir débattre et peut-être, infléchir le discours sombre de son patient, pardon, de son visiteur. Mais de la délinquance des jeunes, N° 865 passe sans transition à celle des barons de la finance, au cumul des mandats, aux parachutes dorés qui l’amène, curieusement, à parler de la retraite des fonctionnaires. De là, il peste contre les services publics, les impôts, l’Europe, la Chine et la Turquie. Bouche bée, l’auteur sent son moral dégringoler devant cette accumulation de poncifs. Mais il n’a rien entendu. La réforme de la sécu l’attend, suivie de celle de l’école. Salauds de profs qui n’enseignent plus, crétins d’élèves qui n’apprennent plus, génération perdue, système pourri, assistanat…

– Et je ne vous parle même pas des OGM !

– Oui, c’est ça, n’en parlez pas ! supplie l’auteur.

En d’autres circonstances, il se serait enflammé sur le sujet mais soudain, une sévère aboulie le saisit. Les jambes molles, un poids sur l’estomac, il rêve d’abréger cette conversation qui, peu à peu, à raison de sa bonne humeur. Pourtant, N° 865 ne désarme pas. Le réchauffement climatique est sa nouvelle hantise, suivie logiquement de la fonte de la banquise et du martyr des bébés phoques. L’enchaînement, façon association libre, l’amène à parler de Brigitte Bardot, dernière star d’un cinéma français en débandade. À son tour saisi par les idées noires, l’auteur associe sur le prix exorbitant du pop-corn et sur la fermeture des petits cinémas de quartier qui passaient de si jolis films en V.O. Le fait qu’il n’en n’ait jamais poussé la porte lui donne soudain des remords. Il y a tant de choses importantes auprès desquelles il est passé sans s’arrêter… Tiens, sa femme, ses gosses grandis trop vite, leur a-t-il accordé assez d’attention ? N’a-t-il pas raté sa vie en voulant la gagner ? N’est-il pas trop tard pour dire aux siens qu’il les aime ?

N° 865 repose le livre qu’il a malmené et remercie l’auteur de son écoute bienveillante. Visiblement, il se sent un peu mieux, il est moins vouté, moins chancelant.

Tandis qu’il s’éloigne en direction d’un autre stand, l’auteur, en proie à une subite crise d’angoisse, appelle sa femme pour lui redire son amour. Mais elle a coupé son portable. Elle a dû sortir. Avec qui ? Que fait-elle, au juste, pendant qu’il court les salons avec ses bouquins que personne ne lit ? Et si… Non, quand même pas. Nouvel appel qui atterrit sur la messagerie. Et s’il lui était arrivé quelque chose ? Et si… Mon Dieu, faites qu’il ne lui soit rien arrivé de grave !

À quelques mètres de là, N° 865 s’est trouvé un nouvel écoutant. Si on observe bien la scène, on peut voir comment, au fur et à mesure qu’il parle, son corps se redresse. Ses mouvements deviennent plus libres, son port de tête plus fier. À l’inverse, l’auteur qui lui fait face paraît se recroqueviller, ne faire plus qu’un avec sa chaise et se résumer progressivement à une boule de détresse posée derrière une pile de livres…

Voilà, c’est terminé pour aujourd’hui. Prochainement, nous poursuivrons notre typologie des visiteurs de salon avec les N° 13, N° 701 et N° 74. D’ici là, si vous avez de jolies pièces de collection, faites en profiter les autres étudiants de notre désormais incontournable séminaire : « Comment survivre à l’édition de son livre ».

Françoise Guérin

Salon Sang pour sang polar de Saint-Chef (38) – 12 et 13 juin 2010

•30 mai 2010 • Laisser un commentaire

Toutes les infos sur ce salon où je serai présente avec les premiers exemplaires de « Quatre carnages et un enterrement » !

Françoise Guérin

Samedi 12 juin 2010

A Saint-Chef

14H Ouverture du Salon Sang pour Sang Polar (présence d’auteurs et bourse aux livres)

15H Comité de lecture : débat autour de 5 romans avec leurs auteurs au Balm’s

Pièce de théâtre jouée en extérieur par les Tréteaux de Saint-Theudère « Le bruit de la mer empêche les poissons de dormir », écrite par Frédéric Dard (45 mn)

17H Pièce de théâtre écrite par Frédéric Dard et jouée par la troupe des Tréteaux de saint-Theudère : « Baby meurtre » (1h30)

17H Accueil des personnalités et visite du salon

18H30 Inauguration du salon suivie d’une table ronde « Dard et le roman policier » en présence de Patrice Dard et Guy Carlier.

19h30 Apéritif Dinatoire

21H Remise des prix du concours de nouvelles « Prix sang pour sans polar de bibliothécaires, du public et des collégiens » et du prix « Sang pour Sang polar du premier roman policier »

22h extrait de « Je le jure » par Patrick Giovine de l’association des Amis de San-Antonio, d’après le texte de  Frédéric Dard (durée 1h20)

Dimanche 13 juin 2010 à Saint-Chef

10H Ouverture du salon avec une table ronde autour d’un libraire de « A plus d’un titre »

11H Table ronde avec Jack Chaboud, auteur et éditeur de littérature jeunesse

14H Atelier d’écriture avec Françoise Guérin

15H Rencontre avec Luciano Marrocu et le roman policier italien

Et pièce de théâtre « Baby meurtre » de Frédéric Dard, jouée par les Tréteaux de saint-Theudère  (1h30)

16H 30 Conférence de Françoise Rullier, professeur à la Sorbonne « Frédéric Dard et le roman policier »

17H Pièce de théâtre, 2e représentation, jouée  en extérieur par les Tréteaux de saint-Theudère : « Le bruit de la Mer empêche les poissons de dormir » (45 mn)

18H Clôture du salon

Les invités :

AYERDHAL, Catherine FRADIER, Marin LEDUN, Lucciano MARROCU, Roselyne BERTIN, Hervé JOURDAIN, Alexis AUBENQUE, Philippe GEORGET, Jack CHABOUT, Jean-Yves LOUDE, Gilles CAILLOT, Francoise GUERIN,
Maxime GILLIO, Patrice DARD, Pascal CANDIA, Guy CARLIER, Joséphine DARD-CARLIER, Gaelle PERRIN, Constance APRIL, Fabio. M. MITCHELLI, Laurent CORRE, Jack ROUBAT, Stéphane Lefebvre, Aurélien MOLAS.

D’un auteur à l’Autre – Séminaire XVI – Nouvelle édition.

•23 mai 2010 • Un commentaire

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Dans le cadre de notre séminaire intitulé : « Comment survivre à l’édition de son livre », je vais vous présenter, durant quelques séances, une typologie des visiteurs de salons littéraires, typologie qui, sans être exhaustive, devrait fournir aux auteurs et futurs auteurs les moyens de ne pas sombrer dans la grave dépression qui les guette, chaque fois que, en quête, sinon de gloire, d’un peu de reconnaissance, ils risquent leur amour-propre dans l’univers impitoyable de la dédicace.

En tant qu’auteur, vous allez fatalement être invité à quelque salon du livre (dans certaines contrées exotiques, on parle même de foire du livre, c’est vous dire si ces gens sont lucides !). A tout moment, vous risquez donc de croiser un lecteur et même plusieurs. Ne paniquez pas ! Si vous montrez que vous avez peur, le lecteur risque de le sentir et Dieu sait comment il pourrait réagir. Surtout, gardez votre sang-froid. Il existe quelques règles de sécurité simples mais qui ont montré leur efficacité.

Tout d’abord, évaluez soigneusement la dangerosité du lecteur qui se présente à vous. A-t-il été récemment nourri ? Certains signes ne trompent pas : s’il a une épaule plus basse que l’autre, c’est probablement qu’au bout de son bras pend un sac plastique plein d’ouvrages déjà achetés et dédicacés. Sa faim est émoussée, son chéquier aminci, il a hâte de rentrer dans son terrier pour y déguster ses trouvailles. Celui-ci ne vous menace guère et vous pouvez même vous offrir le luxe de croiser son regard tout en souriant (prudemment toutefois !)

En revanche, cet autre, en entrant dans la salle, est venu directement vers vous. Il a les mains vides, la faim guide ses pas. Respirez lentement, c’est un prédateur en chasse. Restez immobile, le regard dans le vague. A la rigueur, faites semblant de griffonner la chute du prochain Goncourt, avec la nonchalance qui sied à l’affaire. Il passe, lentement, frôle votre pile d’ouvrages. Retenez votre souffle. S’il s’aperçoit de votre présence, vous êtes foutu ! Il risque de saisir un de vos livres et même de l’acheter. Horreur ! Avec lui, c’est la dédicace assurée ! Non, ça y est, il est parti sans même vous accorder un regard. C’est votre jour de chance. En revanche, il s’approche de votre voisin, il a repéré le bandeau rouge prometteur… Chacun sait que les prix littéraires émettent des phéromones qui attirent le lecteur, particulièrement s’il appartient à l’espèce bibliophilus compulsivus non regardus. Votre voisin s’agite sur sa chaise. Trop tard, n’essayez pas d’intervenir. Ici, c’est la jungle. Chacun pour soi. Sans égard pour les cris de détresse de votre compagnon d’infortune, vous vérifiez la symétrie de vos piles de livres encore intactes mais pour combien de temps ?

Attention, en voilà un autre. Celui-là se trémousse et jette des coups d’œil furtifs, çà et là, en quête d’une proie. Pas de chance, c’est sa période de reproduction. N’intervenez pas, laissez la nature faire son office et ne vous offusquez pas si ses doigts moites produisent des traces indélébiles sur les couvertures mates de vos livres : il n’y peut rien, c’est hormonal. Dès qu’il aura satisfait ses instincts, il repartira, soulagé et le portefeuille vidé. D’autres suivront, encore et encore. C’est la loi de la nature, on n’y peut rien. Le lecteur cherche des livres, certains, grands hibernateurs, en font même provision. Dans le métier, cela s’appelle constituer des PAL[1] et des LAL[2].

Voilà, C’est fini pour aujourd’hui. La prochaine fois, nous commencerons notre typologie du visiteur de salon avec l’étude des spécimens N° 217, N° 34 et s’il nous reste un peu de temps, je vous parlerai du redoutable N° 865, âmes sensibles s’abstenir !

Françoise Guérin

[1] PAL : Abrèv. pour Pile à lire, expression signifiant qu’on s’est encore lâché lors du dernier salon alors qu’on s’était promis de ne rien acheter. Trois petites lettres pour masquer l’ampleur d’un phénomène envahissant qui, dans le meilleur des cas, encombre bureaux, tables de chevet et bibliothèques mais peut atteindre parfois les proportions du tas de fumier qui trône derrière l’étable de tonton Jeannot, l’odeur en moins.

Ex. « A la vue, à la mort, le polar de Françoise Guérin, il est dans ma PAL. Je le commence ce soir.»

Ne pas confondre avec la LAL !

2 LAL : Liste à lire, constituée de toutes les suggestions des blogueurs et blogueuses qui tiennent salon sur le net et présentent leurs lectures. Paradoxalement, plus on passe de temps à remplir sa LAL en fréquentant les blogs, moins on a de temps pour vider sa PAL.

Ex. « MQuatre carnages et un enterrement, le recueil de  Françoise Guérin ? Il est dans ma LAL, bien sûr! »

NB : (Dans cet exemple, on voit qu’il est humain de se tromper : un livre de Françoise Guérin n’a rien à faire dans une LAL ! Sa place est dans la PAL ! A la rigueur, on peut même le lire, ce qui permet de le placer dans sa LARB (Liste d’Articles à Rédiger pour son BLOG) ou dans sa LAO (Liste A Offrir) ou encore dans ses LAE (Livres A Encenser). Bon, j’arrête là, sinon, je vais finir dans la LAM (Liste d’Auteurs Maudits)

Cliquez pour lire la suite du séminaire !

Attention, risque de chute !

•13 mai 2010 • 4 commentaires

Dimanche 13 juin 2010 à 14h00

dans le cadre du salon Sang pour Sang Polar de Saint Chef,

j’animerai une séance d’écriture intitulée : « Attention, risque de chute !

L’atelier, d’une durée d’1h30, accueille les curieux d’écriture à partir de 12 ans.

Objectif : partager les petits bonheurs de l’écriture, sans autre prétention que de se faire plaisir. Grincheux et candidats au Goncourt, s’abstenir…

Matériel nécessaire : un stylo en état de marche, un peu de désir et une bonne dose d’humour.

Participation gratuite (intervenant bénévole).

Maximum 10 inscrits.

Cliquez sur le bandeau pour en savoir plus :

Voir plan d’accès ci-dessus.(Cliquez pour agrandir)


Prochain salon : Saint-Chef (38) les 12 et 13 juin 2010

•8 mai 2010 • Un commentaire


Lecture-signature à l’Etourdi de Saint-Paul, Lyon 5° le 7 Juin 2010 à 18h00

•8 mai 2010 • Un commentaire

Première sortie officielle pour Quatre carnages et un enterrement, le recueil qui vous fera lire et écrire des nouvelles policières…

Lundi 7 Juin 2010 à 18h00

C’est la librairie L’Etourdi de Saint-Paul, située à deux pas de la gare de Saint-Paul (Lyon 5°) qui nous accueillera pour un petit temps de lecture suivi, pour ceux qui le souhaitent, d’une séance de signatures.

L’Etourdi de Saint-Paul, c’est une vraie librairie tenue par de vraies libraires qui n’hésitent pas à mettre en avant les productions des éditeurs indépendants.

Venez les rencontrer, elles sont charmantes !

Réservez nous votre début de soirée…

A bientôt

Françoise Guérin

L’Etourdi de Saint-Paul se situe 4 rue Octavio Mey dans le 5ème arrondissement de Lyon, au bout du Pont La Feuillée qui traverse la Saône, à la hauteur des Terreaux. C’est donc facile d’accès…

Contact : 04.78.39.41.57.